Accueil | Espace junior | Plan du site |  Contact 

 
Le Verre
Histoire du verre
Petite encyclopédie
Verre plat
Verre creux
Verre renforcement
Verres spéciaux
Verre artistique
Recherche
Recherche verrière
USTV
GDR
Environnement
REACH
Engagements verriers
Recyclage du Verre
Organismes
Ressources
Dossiers thématiques
Lexique
Formation verrière
Organismes officiels
Liens utiles
La première fibre artificielle
Les artisans verriers : une longue tradition

Déjà dans la sépulture des pharaons
Leurs vases et leurs amphores devaient suivre les pharaons dans leur sépulture et y conserver vins et parfums pour l'éternité. Cette foi en l'immortalité des princes de Haute-Egypte se manifeste dans les objets qui les ont ainsi entourés dans la tombe.

A peine eurent-ils maîtrisé la fabrication du verre, résistant à l'usure des siècles mais fragile, les artisans verriers de Karnak ou de Thèbes lui donnèrent une autre vertu : celle de supporter les choses pendant les millénaires qui allaient défiler.

Pour "armer" leurs œuvres contre le temps et, parfois, ajouter à la transparence des paillettes de couleur, les verriers égyptiens enroulaient autour des coupes précieuses des fils de verre d'épaisseurs et de couleurs différentes, qu'ils fabriquaient par échauffement puis étirage de la pâte en fusion.

Alors que le lin et le coton, voire la laine, étaient offerts directement à l'homme par la nature, la fibre de verre devenait la première fibre artificielle, produite par l'intelligence humaine à partir de matières premières aussi frustes que le sable et le sel…

Le monopole de Murano
Pour bénéficier du savoir-faire des verriers orientaux et consolider l'héritage romain, Venise va réconcilier les deux écoles en réunissant les grands artisans verriers dans ses ateliers de Murano. Jusqu'au XVIe siècle, l'île vénitienne conserve tous ses secrets et le monopole de la verrerie d'art.


Fibres, fils et tissus de verre

Fins, chatoyants, résistants, fibres et fils de verre s'implantent peu à peu au XVIIIe siècle sur de nouveaux "marchés", celui des décors de vêtements notamment.

Plumes de verre
Le physicien René Antoine Ferchault de Réaumur, verrier à ses heures, alors qu'il met au point le thermomètre, utilise le fil de verre pour créer des… plumes de héron artificielles, destinées aux costumes d'apparat.

«Messieurs, déclare Réaumur en 1713 aux membres de l'Académie royale des sciences de Paris, si nous savions faire des fils de verre aussi déliés que les fils dont les araignées enveloppent leurs œufs, nous pourrions faire des fils de verre propres à entrer dans les tissus. Si le verre n'est pas malléable, il n'est pas vrai de dire, si l'on peut se servir de ce terme, qu'il ne soit pas textile.»

Le premier brevet
Environ un siècle plus tard, un négociant lillois, le sieur Ignace Dubus-Bonnel, et son associé parisien, le sieur Bajeu, déposent un brevet sur le "tissage du verre rendu malléable par la vapeur, pur ou mélangé avec la soie, la laine, le coton ou le lin". Ils fournissent dans le dossier un échantillon tissé sur un métier Jacquard et obtiennent dans leur fabrique des imitations de brocarts d'or ou d'argent en incorporant des particules métalliques dans les fils de verre.

Du fil de verre pour Napoléon
Nous sommes en 1836. En 1840, ce tissu reçoit une consécration officielle lors de la cérémonie de transfert des cendres de Napoléon aux Invalides : le char funèbre et son attelage de seize chevaux sont décorés de draperies tissées de soie et de fils de verre qui leur confèrent l'aspect du brocart d'or. Parmi les spectateurs : Victor Hugo.

Naissance de la première filière
Dans le même temps, le fabricant de soierie anglais Louis Schade, fournisseur de la reine Victoria et de la cour de France, présente, lors d'un congrès, des fils et des tissus de verre de sa fabrication. Dans ses ateliers de Manchester, il pratique l'étirage de verre en fusion à partir d'une minuscule ouverture de céramique. Ainsi est née la première filière.

Un chef-d'œuvre pour la princesse Eulalie d'Espagne
L'idée traverse rapidement l'Atlantique vers les Etats-Unis. En 1893, 2douart Drummond Libbey crée pour l'actrice Cayven une robe dans un tissu superbe : sa chaîne est en soie, sa trame en fils de verre. La princesse Eulalie d'Espagne compte parmi les rares possesseurs d'une telle curiosité. Mais l'avenir des fibres de verre ne se limitera pas aux salons mondains du début de ce siècle.

De nouvelles techniques, de nouveaux débouchés

Du rouet de Réaumur à la fée Electricité
C'est en fait le fil électrique qui va entraîner, dès 1930, la fibre de verre dans l'ère industrielle, avec une première application technique : l'isolation des conducteurs électriques soumis à de hautes températures. On s'éloignera alors très vite des pratiques artisanales exercées jusqu'alors, du four et du rouet de Réaumur. Le procédé d'élaboration des fibres de verre devient l'affaire des industriels.

Fibre de verre et matières plastiques
Portée au départ par le développement de l'électricité, la fibre de verre découvre sa principale vocation à la naissance des premières matières plastiques, des résines phénoliques tirées du charbon, puis du polyester.

La Seconde Guerre mondiale accélérera le rythme des recherches : pour remplacer les métaux, réquisitionnées pour les industries d'armement, il faut trouver un matériau résistant. Au lendemain du conflit, les Etats-Unis et l'Europe se lancent dans une nouvelle bataille : celle de l'industrialisation.

 
 
 
 
Mentions légales

Protection de la vie privée