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Udo Zembok

Artiste
Né en 1951, installé en Alsace depuis 1978.
Vit et travaille en France.

Contact
71 rue des Trois Épis, F-68230 Niedermorschwihr.
Tél : 00 33 389 302 699.
www.zembok.com

Activités
Vitrail, paroi
Architecture d’intérieur
Architecture

Technique favorite
Fusing
Thermoformage
Techniques diverses


Udo Zembok, le fusionnel

Diplômé en peinture aux Beaux-Arts de Bonn et installé en Alsace depuis 1978, Udo Zembok fusionne le verre et la couleur pour ses sculptures. Il applique le même procédé dans l’architecture, pour favoriser un dialogue entre la paroi et son environnement.

Comment s’est produit votre premier contact avec l’architecture ?
À la fin de mes études, j’ai gagné un concours qui consistait à concevoir des vitraux pour une église d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Là-bas, dans un atelier qui aidait les artistes à réaliser leurs œuvres, mes essais de fusions étaient composés de verre armé d’un treillis de métal, absolument brut, qui craquelait. À l’époque, tout cela était techniquement rudimentaire, voire primitif ! Arrivé en France en 1978, j’ai délaissé la transformation à chaud pour me consacrer aux verres antiques colorés, découpés, travaillés à la cire et éventuellement repeints et collés. J’ai ainsi longtemps intégré ce type d’œuvres dans l’architecture contemporaine

Pourquoi avoir finalement choisi le verre fusionné ?
La notion de glacis en peinture m’intéressant particulièrement, j’ai voulu adapter ce procédé en superposant plusieurs couches de verre. Les fours ayant indéniablement progressé, je me consacre entièrement à cette technique depuis le début des années 90, en utilisant principalement du verre float extra clair. Cette qualité de matériau évite qu’une couleur verte n’apparaisse dans mes parois très épaisses.

Comment concevez-vous vos sculptures et vos parois monumentales ?
La sculpture me permet de développer un langage artistique que je transpose dans l’architecture. L’échelle monumentale induit des dimensions où l’homme est confronté à une certaine puissance, une profondeur colorée. Dès qu’une œuvre mesure plus d’un mètre sur deux, le spectateur ne se sent plus à l’extérieur, mais face à ce qu’il regarde. Mon but consiste à ce qu’il entre dans des champs lumineux et participe à cette forme de vibration.

Quelles sont les principales étapes de votre création en architecture ?
Je pars toujours de dessins que je transpose sur ordinateur. Je m’aide aussi d'échantillons de verre. Pour les chantiers plus conséquents, je me rends dans des laboratoires spécialisés en simulation des conditions réelles de lumière. C’est un processus lourd qui intervient très rarement, mais dont je me suis servi pour une banque d’Amsterdam. En général, toutes les étapes de création s’effectuent dans mon atelier à Colmar, de la conception à la transformation du verre. Des entreprises de miroiteries interviennent pour la sécurisation du matériau, une étape indispensable lorsque l’on travaille en architecture.

Des projets en cours ?
Actuellement, je collabore avec un architecte, sur une future école pour handicapés en Suisse. Dans ce cas précis, j’ai carte blanche et je suis très libre pour la composition, les nuances de teintes… Je dois parfois dialoguer plus intensément et faire de nombreuses propositions. L’architecture est un art de contraintes. Il n’y a jamais de projets abstraits mais une forme de bâtiment à respecter, un éclairage à affiner ou à modifier, une fonction à valoriser… L’utilisateur est l’élément majeur de mes créations. Lorsque le bâtiment est plus ancien, je m’imprègne des lieux et de leur histoire. Cela réclame de l’empathie et m’engage dans de véritables réflexions esthétiques, techniques, philosophiques et culturelles.

Propos recueillis par : Claire Gaillard

Source :
VERRE, Volume 9, N°5. Octobre 2003.


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